Mardi 12 mars

Cours avec les quatrièmes Alakhazam : j’étudie la parole rapportée, la différence entre discours direct et indirect. La classe écoute avec passion et se livre avec joie à des exercices aussi passionnants que changer une partie de phrase à l’aide d’une proposition subordonnée bien placée.

Tandis qu’ils travaillent, enthousiastes, je repense à ce que disait E., venue hier pour les observer : “il y a quelque chose de poussiéreux, dans les cours de français. Je sais que c’est important, mais tu imagines, les confronter à de la littérature du XIXe siècle ?” Ou, en l’occurrence, à de la grammaire.

Mais cette poussière est aussi celle qui permet de former dunes et châteaux. Ils doivent apprendre à glisser sur les dunes. Parce qu’il existe une brèche entre ceux qui le font et ceux qui refusent, parce que c’est sur les décombres de ce désert que la langue qu’ils parlent s’est bâtie.

Et, je l’ai appris de T., et de bien d’autres collègues, le coeur de notre mission, en tant que profs de français, est là.

Il suffit, pour m’en convaincre, qu’une heure plus tard, j’observe la joute verbale organisée par les troisièmes Glee, qui m’ont accordé leur confiance et ont accepté les cours souvent technique de grammaire, de vocabulaire et d’usage de la langue. Beaux et triomphants, ils construisent, de cette poussière irisée, un monde qu’ils occupent avec bonheur.

Laisser un commentaire