
Suite de l’étude sur la dystopie avec les troisièmes Glee : j’ai choisi un texte “facile” après une étude assez costaud d’un extrait de 1984 : quelques lignes d’Hunger Games.
Facile.
Je me retrouve à sarcler cette poignée de mots en leur compagnie avec une petite cuillère en guise de bêche. Il s’agit des troisièmes Glee, la classe la plus susceptible d’avoir été exposée à de la culture.
Et pourtant : sur dix lignes, il leur manque l’ensemble des références. Thésée et le Minotaure, Iphigénie, les sacrifices aztèques, la commedia dell’arte, et tellement d’autres.
Vertige.
Il ne reste qu’une grosse dizaine de semaines avant le brevet, la suite de leurs études, ou la fin pour certains. Et il reste tellement à leur donner. Tellement d’histoires que, gosse moyennement privilégié, je connais depuis mes douze ans. Comment est-ce ailleurs ? Est-ce propre à Ylisse, ou toutes ces références sont-elles, finalement, vouée à une très lente désuétude ?
Je n’arrive pas à m’en convaincre. Ou même à l’accepter. Ces légendes et ces époques, qui tissent la réalité, ai-je encore le temps d’en ouvrir les portes ?
Il faudrait encore une année, deux, sept. Il faudrait les amener dans des musées, leur coller dans les étagères les vieux livres de mythes et légendes qui se transmettent de génération en génération, les images d’Épinal qui marquent l’imaginaire, puis sont lentement déconstruites par la maturité.
“Monsieur, ça va ?
– Oui, je me disais juste que j’ai encore beaucoup à vous montrer.
– Vous en faites pas, si vous avez pas le temps, nous on ira voir.”