Samedi 30 mars

“Assieds-toi donc là.”

L. a attendu que nous soyions plus ou moins seuls en salle des profs et a tiré une chaise. Obéissant, je m’assois. Je ne lui demande pas pourquoi, L. est l’une de ces personnes qui m’emplit d’un mélange d’admiration, de timidité et d’un petit poil de terreur.

J’ignore à quoi c’est dû. Peut-être à son débit, précis et maîtrisé. L. ne parle jamais pour ne rien dire. Ou à nos rapports professionnels : depuis que nous travaillons ensemble, je ne peux que constater à quelle point elle est à la fois totalement professionnelle et proche de ses élèves. Élèves qui le lui rendent bien d’ailleurs : L. est l’une des profs les plus unanimement respectées parmi les ados, tout le monde le sait, y compris elle, et jamais elle ne pavoisera là-dessus.

Nous nous parlons peu, par rapport à des collègues que j’apprécie énormément. Mais à chaque fois, ce sera pour mettre en place quelque chose d’important, dire quelque chose de franchement drôle. Ou soutenir l’autre.

Comme c’est le cas aujourd’hui. La veille a eu lieu une réunion particulièrement détestable, d’où je suis sorti mécontent et malheureux. L. s’est contentée d’observer, n’intervenant que rarement.

Mais aujourd’hui, elle prend le temps, de retracer ce qu’il s’est passé, d’expliquer pourquoi, de son point de vue, tout ceci n’était pas important. Et me rappelle que le week-end sera vraiment beau.

Il y a peu de choses qui m’émeuvent autant que ceux qui prennent soin des autres. Et dans ce domaine-là – entre autres – L. est une princesse.

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