Mercredi 24 avril

C’est devenu une tradition : à chaque fois qu’une heure de cours s’est mal passée, je le signale en salle des profs.

Je suis loin d’être le seul, et c’est d’ailleurs en apprenant auprès des collègues que j’ai pris cet habitude. Qui est, désormais un exercice d’hygiène mentale que je m’impose.

L’idée n’est pas de se faire plaindre. J’essaye de ne pas – trop – nommer les élèves qui ont transformé mon cours en confrontation de catch avec effets pyrotechniques et bon goût afférent. Mais j’essaye de ne jamais cacher que, oui, ça s’est mal passé.
Parce que, pour commencer, ça dédramatise énormément : il n’y a rien qui s’infecte plus vite qu’une heure de cours où l’on s’est fait bordéliser. La balancer sur la table, pour pouvoir en rigoler ou l’analyser avec des collègues que l’on apprécie permet de repartir nettement requinqué après la pause, ou de rentrer chez soi l’esprit tranquille (rappel de la règle absolue et primordiale : ne jamais, autant que possible, repartir du bahut avec des problèmes qui vous hantent).

Et puis, de plus en plus souvent avec l’année qui s’avance, la réplique qui vient après “Je me suis fait ROULER DESSUS par les quatrièmes Bulbizarre aujourd’hui !” Va être un : “Ah oui, toi aussi ?” Et on se rendra vite compte qu’on est rarement seul face à ses difficultés par rapport à des élèves.

Je passe mon temps à demander aux mômes de poser des questions, car s’ils l’ont, au moins trois autres gamins s’interrogent également sur le même sujet.

Il en est autant des profs. Et le “maaaaaieuh n’ayez pas honte.” que je mugis à l’envie, je tente de me l’appliquer également.

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