
Discussion avec mon père Sur les lois innombrables qu’il a connues, en plus de quarante ans de carrière. Cet homme, pourtant peu adepte du “c’était mieux avant”, soupire :
“Le problème, c’est que les seules lois qui ont vraiment changé l’éducation en profondeur sont les plus techniques qui n’étaient pas forcément intéressantes à montrer.”
C’est un autre de ces éternels paradoxes : on tente – à juste titre à mon sens – d’impliquer un maximum les parents et le public en général dans le monde de l’éducation. Mais les changements essentiels sont discrets, laborieux. Pas de ceux dont on peut se vanter sur les plateaux télé, ou qui auront pour ambition de révolutionner en un an l’apprentissage des élèves. La mise en place de la pédagogie de projets, sur la liberté pédagogique… Les lois permettant tout simplement de mieux essayer, et non de présenter un résultat.
Mon père, en retraite depuis quelques années ne me transmet pas, ce midi, son insatisfaction.
Mais la tranquille certitude que la réponse, face à la démagogie et à l’instrumentalisation de l’école à des fins politiques se trouve dans la contestation, autant que dans notre foi en nous. CPE, AED, AVS, enseignants. Nous tentons, encore et encore, pour les élèves. Nous ne demandons pas un catéchisme. Mais les moyens de mettre en place ce que nous constatons efficace, et bénéfique.