
J’ai récupéré la moitié des copies de brevet blanc de mes élèves de troisième. Bouffée idiote de fierté : ils sont plus de la moitié à avoir la moyenne (qui tournait plutôt aux alentours de 4/20 au premier trimestre). Fierté parce que je retrouve dans ce qu’ils ont réussi les points sur lesquels je me bats au quotidien : le fait de ne pas se perdre dans des phrases vides de sens, des réponses enfin correctement justifiées, une connaissance un peu moins foutraque de la structure d’une phrase – idiote parce que, bon sang, ça reste le brevet.
Le poids que l’on donne à cet examen à Ylisse, moi le premier, me semble totalement disproportionné : parce qu’il est un moyen relativement efficace de mettre des classes pas toujours évidente au travail, parce que les mômes en parlent souvent, parce qu’il s’agit d’un objectif clair, et défini.
J’ai souvent peur de leur nuire, en faisant cela. De contribuer à creuser le fossé socio-culturel entre élèves de REP+ et élèves de bahuts “normaux”, pour qui (je le suppose), cette fin de troisième n’a pas grande importance.
Quoi qu’il en soit, cette année comme les précédentes, j’espère pouvoir faire de ces résultats quelque chose de bénéfique. Leur montrer que nombre d’entre eux ont eu raison de s’investir. Ajouter cet argument de poids à mon discours quotidien : leurs efforts ont un sens.
Et puis, tout simplement, dire que je suis content d’eux.