
L’autre jour, un lecteur me demande pourquoi risquer de rompre des liens professionnels et amicaux en demandant une mutation ?
Et il est vrai que je partirai d’Ylisse en ayant, comme à Crimea eu la chance de vivre ça. Travailler avec des gens que j’aime de tout mon cœur. Nos séances de travail se sont nourries de nos conversations aux terrasses de cafés, de nos jeux de rôles, des concerts que nous avons vus.
Nos amitiés ont été renforcées par les classes auxquelles nous avons enseigné de concert, par les élèves dont nous nous sommes occupés.
Ainsi suis-je en train de réfléchir, tandis que je marche aux côtés de Monsieur Vivi, jusqu’au conservatoire d’Ylisse, sous un ciel de pluie. Nous parlons de nos familles. Différentes et similaires, de façon étonnante.
À un moment, il tourne la tête vers moi. La pluie lui dégouline sur la figure, les lunettes ; il n’y prête pas d’importance, pris par la douce lumière de notre conversation. Et je me sens soudain très heureux.
Cette lumière, j’en suis à présent suffisamment sûr. Qu’elle perdure, parce que nous parvenons à maintenir notre amitié au-delà du travail, ou qu’elle s’éteigne, parce que, finalement, ce n’était pas appelé à survivre. Comme toutes les étoiles qui se sont allumées en cinq ans. T., Lady T., C., et tant d’autres.
Elles existent. Me donnent substance. Il n’y a rien de plus à demander.