Lundi 13 mai

Beaucoup de joie aujourd’hui, avec les troisièmes Glee. Nous leur faisons cours commun avec M., qui doit être la personne la plus adorable des deux hémisphères. Leur spectacle de fin d’année comporte comme fil conducteur des photos marquante du XXe siècle que M. a eu l’idée de leur proposer d’incarner sous forme de tableaux vivants.

Les troisièmes Glee se déploient. Pour tous leurs défauts – qui sont nombreux – ils sont capables d’être absolument impressionnants quand ils le souhaitent.

Ce matin ils le souhaitent.

Après s’être totalement investis dans un échauffement de quelques minutes, ils se séparent en petit groupe. Aucun d’entre eux ne s’est concerté, ils ont chacun choisi une photo différente.

Maya, la plus foldingue d’entre eux, entraîne ses potes à se métamorphoser en Beatles, le long d’Abbey Road. Qui se transformeront petit à petit en Rosies la riveteuse.

Pendant ce temps, Rina s’est emparée des quatre Marylins d’Andy Warhol. Elles adoptent la même démarche, la même entrée en scène pour se placer dans le tableau.

Et – au milieu de la salle, bien entendu – Tir et son groupe recréent l’atroce explosion d’Hiroshima. Tir, en neutron venant heurter la réalité, se précipite contre ses quatre camarades, formant une fragile corolle vivante, qui se déploie, se déforme, éclate et s’écroule. C’est simple, beau et terrible.

Vingt-trois adolescents qui ont passé leur scolarité ensemble, se connaissent et savent ce que les adultes attendent d’eux. Quand le jour est encore jeune, quand M. et son doux sourire vient les voir, quand l’idée est bonne, alors se fait l’harmonie.

Et là, nous avons une telle chance d’être enseignants.

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