
Discussion avec deux collègues. L’une d’entre elle évoque ses souvenirs d’enfance devant Le roi lion, et le fait qu’elle aussi a vécu des scènes traumatiques, devant l’histoire de Simba.
Flash-back de cet après-midi là. Visionnage de trente minutes d’une adaptation des Misérables. Les quatrièmes sont en plein ébullition. Ils surréagissent, et cette fois-ci ils sont sincères. La scène de bataille dans l’usine les fait rire du même rire qu’une baston en cours de récréation. Je ne hausse pas la voix devant leur bruit mais devant leur veulerie. Ils s’arrêtent net de rire, par contre, devant la Fantine édentée. “Mais il lui est arrivée quoi ?”
Et enfin, Hilda se dresse, furieuse, quand la mère de Cosette en vient aux mains avec un bourgeois. “Il l’agresse ! Il l’agresse carrément, ça se fait pas !” Dix minutes plus tôt, elle déplorait que Fantine ne soit pas jouée par “une belle renoi.”
Ce n’est pas de la condescendance mais de la surprise, tous les ans renouvelées. Ces mômes sont extrêmement au fait de la réalité, bien plus que je l’étais à leur âge. Mais totalement démunis devant la fiction qui, à chaque fois, les cueille en pleine poitrine.
Et cette année, j’ai davantage balisé les sentiers que j’aimerais leur faire explorer.