
Mon père a été prof des écoles la majeure partie de sa carrière. À l’époque où l’on disait encore instit’. Ma mère, l’intégralité de sa vie professionnelle. Ma sœur a été AED plusieurs années.
Et puis, en l’espace de quelques années, des changements d’orientation, la retraite. De nous quatre, je suis le seul à être encore enseignant. Moi qui ai toujours pensé que je serais le dernier arrivé et le premier parti.
Je reste. Je reste et pour la première année, ça ne me chagrine pas.
Ce métier est loin d’être une sinécure. Il est maltraité en diable, et ses conditions d’exercices deviennent chaque jour un peu plus inacceptables.
Je reste.
Je reste parce que je ne l’ai pas encore épuisé. Que je ne suis pas encore épuisé.
Je reste parce que mon histoire dans ce pays n’est pas encore achevée.