Mardi 24 septembre

C’est inacceptable.

Est-ce que c’est avec ça qu’elle partira du collège ? Est-ce qu’elle racontera dans quelques années qu’elle en a bavé ? Qu’en quatrième, ça lui est arrivé.

Arrête de t’abstraire, je me dis. Elle a besoin de toi, reviens à la réalité.

Alors je le fais.

Léonie pleure, aspirant de grande goulées d’air, trop grandes, sur le lino du couloir. Je suis arrivé à la fin de la bagarre. Je tente de la rassurer, de la convaincre de s’asseoir, de respirer plus doucement. J’aimerais créer une bulle de calme. C’est totalement impossible. Je ne peux presque rien faire.

À qui la faute ?

Au crétin qui la cherche depuis le début de la journée et avec qui elle s’est castagnée une première fois, bien sûr.

À ses camarades qui l’entourent, morts de rire, et qui, lorsque je leur demande de s’écarter, préfèrent la veulerie à la décence ? “On reste pour aider, monsieur !”

À ce putain de collège aux couloirs trop étroits et trop sombres qui favorisent les empoignades ?

À moi qui, dépassé par la panique et les cris, finit par hurler sur la seule môme qui tente vraiment de filer un coup de main et ne parviens pas à être, comme d’autres collègues, rassurant et autoritaire ?

C’est inacceptable.

Tu ne viens pas au collège pour vivre une crise de panique devant des mômes hilares et un prof incompétent.

Tu ne viens pas au collège pour cette boue.

Ni pour te demander à qui la faute.

Mais alors, qu’est-ce que tu peux faire, quand c’est la nuit, dans le couloir ?

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