Mercredi 25 septembre

Quand j’ai quitté Gabocha, à la fin de son année de cinquième, j’avais hyper peur pour lui. Gabocha est un gamin frêle, aux grands yeux graves, qui parle toujours avec un filet de voix un peu tremblant.

Divers soucis l’ont empêchés de suivre une scolarité normale lorsque j’étais son prof de français, et je l’ai vu perdre pied peu à peu. Ses travaux devenaient de plus en plus laborieux, et son découragement évident.

Retour au présent. Gabocha a à peine grandi, parle toujours doucement, mais sourit désormais presque tout le temps. Il lève la main dès qu’il le peut. Pas trop pour lire ou jouer des extraits de texte, mais pour proposer des réponses à des questions, dire qu’il n’a pas compris, demander un surcroît d’explications. Ses premières évaluations sont encourageantes. Solides.

Au-delà de la joie que j’éprouve à constater son mieux-être, je suis ébahi du travail qui a été fait. Parents, enseignants, CPE… Ils ont été nombreux à lui tendre la main, à l’épauler, doucement, tandis qu’il luttait contre ses difficultés. L’épauler. Parce que le héros de cette histoire, bien entendu, c’est lui.

Parfois, quand le hasard le permet et que nous en avons la force, il existe des fins heureuses.

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