Mercredi 9 octobre

Aujourd’hui, billet horriblement narcissique, rempli jusqu’à ras-bord d’une auto-satisfaction répugnante, vous êtes prévenus.

Comme je le disais hier, j’ai rarement reçu, ces derniers jours, autant de messages de lecteurs (voilà pour l’auto-satisfaction) : notamment beaucoup de collègues, nouveaux venus dans le métier, écrivant qu’ils s’inquiétaient de voir un “vétéran comme moi” (et voilà pour le narcissisme) se retrouver à se mettre en arrêt pour une semaine, dès le mois d’octobre.

Je reçois cette inquiétude avec beaucoup de reconnaissance. Mais je ne voudrais pas qu’elle fasse peur. Comme je l’ai écrit, j’ai préféré m’arrêter parce que les craquements que je ressentais dans mon envie, dans mon bien-être étaient trop sonores.

Et c’est aussi un privilège de l’expérience que de savoir les écouter.

Adorer son boulot, vouloir donner le mieux pour les élèves n’est pas contradictoire avec le fait de placer son intégrité, tant mentale que physique, avant tout le reste. C’est même, j’en suis de plus en plus convaincu, nécessaire. J’ai failli écrire “surtout dans le contexte actuel”, mais tout le temps en fait.

Alors si jamais ce que je vis actuellement peut servir à quelque chose, que ce soit cela : ne t’en veux jamais de craquer (nombre de gens me l’ont écrit, et je leur en suis infiniment reconnaissant), et remercie-toi, toujours de te mettre au premier rang de tes préoccupations. Il n’y a qu’en cultivant cet égocentrisme que tu tiendras sur la longueur. Accorde-toi ces jokers, qui seront autant de petites pierres sur lesquelles tu pourras te reposer quand la traversée est trop longue.

Sois doux avec toi.

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