Jeudi 17 octobre

“Il y a des profs parfaits, quand même, me dit N. lors d’une conversation dans le RER qui nous extrade du boulot.”

Ma première réaction est de lui dire non. Non il n’y a pas de prof parfait.

Et I. s’impose à ma mémoire.

I., partie du collège il y a maintenant quatre ans, pour devenir chef d’établissement. J’ai assisté à certains de ses cours, des modèles tout à la fois de rigueur, de différenciation et d’exigence. I., prof de troisième, maman, préparant un concours, le tout sans jamais un faux-pli aux vêtements. Impressionnante en tous points.

Et I. est pourtant celle dont, par contraste, les craquages étaient les plus surprenants. Celle qui m’a appris à m’occuper de moi avant de m’occuper du boulot, quitte à demander un joker de temps à autres, sous la forme d’un arrêt. Celle qui m’a expliqué que certains de ses cours, au milieu de ses impeccables préparations, tombaient d’un manuel qu’elle avait ouvert au pif, dix minutes avant l’entrée en classe de ses élèves. Quand, de temps à autres, elle n’improvisait pas.

I. n’a pas été mon amie, mon Docteur Cox, mon idéal.

Mais elle m’a montré à quel point c’est important pour les autres d’être solide sur ses appuis de prof.

Et d’embrasser ses faiblesses.

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