Jeudi 10 octobre

(Pas de source pour l’image, ce qui est fort dommage…)

Aujourd’hui, je vais mieux.

C’est arrivé alors que je lisais “Le corps sans âme”, un conte breton qui me terrifiait quand j’étais môme. Mon équilibre mental aime lui aussi les clichés.

Comme quelque chose qui retrouve sa substance. L’impression d’avoir à nouveau une prise sur les événements. J’ai brutalement cessé de compter les jours restant avant de retrouver les élèves. Cessé de m’absorber dans les aventures de mon prêtre worgen dans World of Warcraft. Ce que j’avais à faire a cessé de m’apparaître comme une gigantesque masse ombreuse, mais comme une suite de tâches.

Tout n’est pas réglé. Je continue à m’endormir et me réveiller épuisé. À me révolter à la pensée qu’il m’est encore impossible de transmettre aux mômes auxquels j’enseigne certains principes essentiels. Je n’ai pas pu m’empêcher d’aller voir la liste de rapports de la classe dont je suis prof principal. Bref, je n’ai pas entièrement décroché.

Mais la panique s’est apaisée. Et avec elle cette frénésie de vouloir sauver tout le monde. Un peu moins paladin, un rien plus Miranda Priestley.

La semaine prochaine, j’expédie les affaires courantes. Et j’aurais à nouveau du temps pour méditer.

Quant au fait, notamment, que la phrase qui m’est revenue le plus souvent ces derniers jours a été : je veux faire mon métier.

Mercredi 9 octobre

Aujourd’hui, billet horriblement narcissique, rempli jusqu’à ras-bord d’une auto-satisfaction répugnante, vous êtes prévenus.

Comme je le disais hier, j’ai rarement reçu, ces derniers jours, autant de messages de lecteurs (voilà pour l’auto-satisfaction) : notamment beaucoup de collègues, nouveaux venus dans le métier, écrivant qu’ils s’inquiétaient de voir un “vétéran comme moi” (et voilà pour le narcissisme) se retrouver à se mettre en arrêt pour une semaine, dès le mois d’octobre.

Je reçois cette inquiétude avec beaucoup de reconnaissance. Mais je ne voudrais pas qu’elle fasse peur. Comme je l’ai écrit, j’ai préféré m’arrêter parce que les craquements que je ressentais dans mon envie, dans mon bien-être étaient trop sonores.

Et c’est aussi un privilège de l’expérience que de savoir les écouter.

Adorer son boulot, vouloir donner le mieux pour les élèves n’est pas contradictoire avec le fait de placer son intégrité, tant mentale que physique, avant tout le reste. C’est même, j’en suis de plus en plus convaincu, nécessaire. J’ai failli écrire “surtout dans le contexte actuel”, mais tout le temps en fait.

Alors si jamais ce que je vis actuellement peut servir à quelque chose, que ce soit cela : ne t’en veux jamais de craquer (nombre de gens me l’ont écrit, et je leur en suis infiniment reconnaissant), et remercie-toi, toujours de te mettre au premier rang de tes préoccupations. Il n’y a qu’en cultivant cet égocentrisme que tu tiendras sur la longueur. Accorde-toi ces jokers, qui seront autant de petites pierres sur lesquelles tu pourras te reposer quand la traversée est trop longue.

Sois doux avec toi.

Mardi 8 octobre

Journée pleine de petites lumières.

Des lecteurs que je découvre, qui m’envoient des messages plein de sympathie, suite au billet d’hier. Des collègues, certains attendus, d’autres infiniment moins, qui viennent aux nouvelles, avec beaucoup de douceur. Et même quelques élèves, sur la messagerie du collège.

Paradoxe : le métier d’enseignant fait que l’on touche au plus près de la vie de certaines personnes : les collègues, avec qui on fait front devant des situations aberrantes, les élèves, à qui, très vite, on doit donner plus que des cours, des parents…

C’est ce contact avec tellement d’existences qui fait qu’on a parfois l’impression de se perdre.

Et aujourd’hui, c’est ce contact qui fait que je me sens infiniment mieux.

Merci.

Lundi 7 octobre

Oh punaise que j’ai pas envie d’écrire ça.

Aujourd’hui, je n’ai pas réussi à aller travailler.

C’est comme le mur dont parlent les marathoniens. Tu es aux alentours du trentième kilomètres, tu t’en sors à peu près et tout à coup, il est là. La sentence est irrévocable, tu ne finiras pas. C’est dégueulasse, tu t’es entraîné, tu as tenu le coup, mais il n’y a rien à faire.

Je le sens depuis la rentrée, ce mur.

C’est ce que j’ai expliqué au médecin. Parce que ce n’est pas une question de fierté. Il n’est pas normal qu’un professeur de trente-sept ans, au bout d’un mois, ne puisse pas réunir la force nécessaire à aller travailler. Je me suis dit que le problème venait de moi.

Alors j’ai dit : je le sens depuis que j’ai les bras jusqu’aux coudes dans ces classes qui, plus que les années précédentes, me bouffent une énergie folle. Depuis un mois, je suis en train d’essayer non pas d’enseigner, non pas d’éduquer, mais de donner des réflexes. Non, on ne s’insulte pas. Réfléchis, pourquoi ton comportement est-il inapproprié ? Comment faire pour que tu comprennes ce que je te demande en cours ? Depuis le début de l’année, je tente d’être droit, parce qu’un tuteur, c’est ça. Donner un appui aux mômes, quelque chose autour de quoi ils peuvent pousser.
L’autre jour, une gamine que je n’ai pas en cours est venue me menacer. Parce que j’ai expliqué à ma classe que s’amuser à courir dans les couloirs en ouvrant les portes, c’était un peu naze. “Avec un deuxième service à la cantine, vous vous attendiez à quoi, monsieur ? On a plus le temps d’aller faire des bêtises.”

Ça n’est pas la menace qui m’a atteint. C’est le fatalisme des mômes. Comme s’ils étaient astreints à ce comportement, qu’ils n’avaient pas le choix.

Je crois – je crois, hein, je suis pas sûr – faire correctement cours de français. Je me suis préparé cet été, j’ai encore de l’avance. Mes activités n’ont pas l’air trop pourries. Les mômes adhèrent, souvent.
Et j’aime toujours autant faire cours.

Mais le mur, je l’ai expliqué au toubib, c’est tout le reste. C’est devoir me battre, dépenser la quasi-totalité de mon énergie pour, peut-être réussir à faire passer un peu de ce pour quoi je suis payé : enseigner le français.

Je me déteste, par exemple, quand c’est lundi soir, qu’il est 17 heures. Que j’ai cours avec les troisièmes Glee et que je leur ponds une heure merdique tout simplement parce que je suis épuisé. Que j’ai passé toutes mes heures de trou à appeler des parents. À programmer des retenues qui me servent avant tout à tutorer des mômes totalement perdus, qui ont besoin de tout reprendre à zéro. À réfléchir à comment faire pour adapter mes cours aux élèves dyslexiques, à ceux, niveau SEGPA, dont les parents insistent qu’ils restent en section générale, ceux qui sont absentéistes et décrochent.

Je me déteste quand je perds patience devant des collègues qui me demandent de gérer les soucis de la classe dont je suis prof principal, tout simplement parce que je voudrais passer plus de huit minutes par jour sans y penser.

Et je me déteste d’être dans cet état si tôt dans l’année.

Voilà ce que j’ai raconté au médecin. Qui m’a entendu. Qui a à la fois attisé les braises de ce que j’aime le plus dans ce métier, permis que je m’arrête quelques jours pour souffler, mais gentiment rappelé que le problème est plus profond. Que je dois me demander si je peux accepter ces conditions de travail, si je suis prêt à me battre pour qu’elles changent, ou si je dois me préserver et lever le camp.

Il m’a dit tout ça, et ça m’a fait du bien.

En vrai, moi, ce qui me fait tenir, c’est de me raconter des histoires. Je vais au boulot pour sauver telle élève. J’y vais pour mettre en scène telle pièce de théâtre, j’y vais pour transformer telle classe. Des fantasmes grotesques. Mais qui me portent depuis des années.

Ce matin, je n’avais pas d’histoire assez puissante pour me soutenir.

Alors je vais me reposer. Réfléchir à comment reprendre des forces, comment économiser mon souffle. Je suis reconnaissant à ce médecin, plein d’une humanité brusque, et je me suis aussi très reconnaissant. D’avoir refusé de “prendre sur moi”, de “mordre sur ma chique”, quoi qu’on puisse en dire par la suite (je n’ose imaginer la teneur des commentaires que suscitera ce billet). De prendre le temps d’étayer les fissures avant qu’elles grandissent, avant que les plaies ne purulent.

Ce lundi 7 octobre j’ai craqué. C’est peut-être le début de la fin, ce sont peut-être des conditions de travail qui se dégradent chaque jour un peu plus, c’est peut-être – je le souhaite – uniquement passager. Mais c’est là. Et je ne peux que regarder ce mur en face. En éprouver le grain, la résistance. Me demander si je dois le contourner, l’escalader ou chercher la porte cachée dans ses moellons. En respirant, sans m’en vouloir. Parce qu’on fait tous de notre mieux.

Et il y a des jours où notre mieux, ça ne suffit pas.

Samedi 5 octobre

C’est l’une des rares victoires que j’ai obtenues avec les élèves, depuis quelques années. Je n’ai plus droit à la question qui me fait gronder façon tigre du Bengale : “Monsieeeeur, on regarde un film ?”

Traduction : “Monsieeeeur, on peut buller un peu pendant une heure ?”

Regarder un film – et je dois avouer ne pas l’avoir suffisamment fait les premières années – ça s’apprend. Entrer dans une intrigue et suivre les personnages, ouvrir l’œil pour ne jamais, jamais, se laisser bombarder par les images sans réagir.

“Faut tout le temps faire attention, avec vous !” me souffle Lyna, l’autre jour.

Oui. Le royaume de la fiction nécessite toujours de la vigilance.

Vendredi 4 octobre

Cette année j’ai les Quatrièmes Avaltout et leurs dix-sept mille problèmes. J’enseigne aux Dracofeu qui se détestent mutuellement et empoisonnent une ambiance plutôt calme d’une ambiance lourde. J’ai des élèves qui me menacent quand j’ai l’outrecuidance de m’agacer qu’ils ouvrent ma porte en plein cours avant de s’enfuir en courant. Cette année, j’ai un emploi du temps tout pourri et des valises qui vont me valoir un excédent de bagages la prochaine fois que je prendrai le train.

Mais cette année, j’ai retrouvé Benvolio.

“Il doit être content de t’avoir en classe.” m’a dit T. en rentrant. Je l’espère vraiment, parce que moi, ça me rend heureux.

Benvolio, je l’ai connu en sixième et en cinquième. Il a toujours cette dégaine à la fois nonchalante et polie, cette voix rauque dans laquelle un accent indéfini perce de moins en moins, et cette manie d’imiter le langage corporel de ses auditeurs.

Benvolio ouvre toujours des yeux immenses quand je donne une explication. Pas d’étonnement ou d’incrédulité, juste une attention à 2000 watts. Il sourit, rit beaucoup cette année. Un tout petit peu avant quand je fais une bague prévisible, un tout petit peu après quand il ne l’avait pas vue venir. Arythmie de réaction.

Et puis, durant cette année de césure, la confiance du môme s’est déployée en même temps que sa carrure. Il n’hésite plus à demander davantage d’explications, de détails, même quand c’est pour son bénéfice égoïste, et pas forcément pour toute la classe. Il vient chercher quelques mots, à la fin du cours. Il ne parle jamais de ses goûts, de sa vie à l’extérieur, ne veut pas en connaître plus sur moi. Il plaisantera sur une partie du texte qu’on a étudié, sur un extrait qui lui a particulièrement plu.

Benvolio me donne une force immense par son bonheur simple d’être en classe. De par ce choix mutuel d’une relation simple : tu es mon prof, tu es mon élève… ça peut ouvrir tellement de possibilités merveilleuses. Et comme tous il a ses tortures, et comme tous il fléchit, et comme tous nous sommes imparfaits. Mais l’essentiel est dans le moment où nous nous installons en classe. Où nous explorons les textes de Montesquieu, ou ceux à apprendre pour le spectacle de fin d’année. C’est un bonheur immensément complexe, mais paisible et serein.

Il est des liens qui donnent de la force. Qui vous transforment en l’enseignant que vous avez toujours rêvé d’être.

Jeudi 3 octobre

Crédits image : Uderzo

“Ça y est. Je sens déjà que je n’ai plus de patience pour vous. On est début octobre. Comment on va faire ?”

Claude me regarde, de cet air que j’ai l’impression de connaître depuis toujours. Respectueusement mais la tête un tout petit peu relevée, les épaules quelques millimètres en arrière. Trop peu de défiance pour que j’aie quelque chose à y redire, trop pour que je crois que cet énième tête à tête va changer quelque chose.

“Vous frappez votre camarade en classe, vous vous roulez par terre en musique…
– Je me suis pas roulé par terre.
– Vous ne vous êtes pas mis par terre en musique, hier ?
-Si. Mis. Mais pas roulé.”

Je respire lentement par le nez devant cette technique de samouraï d’anime de mauvaise foi. Ça ne fonctionne pas. Mais le fait est que Claude s’enferre dans un comportement qui m’inquiète, depuis le début de l’année : il cherche systématiquement à provoquer le chaos. Dès que la quatrième Avaltout atteint un peu de sérénité (ce qui arrive un peu plus souvent en ce moment), Claude trouve LE moyen de remettre en route la machine à bazar, en criant une connerie, en provoquant Hilda ou en se roulant – pardon, en se mettant – par terre.

Et rien ne semble le faire réagir.

Les voix de la pédagogie sont impénétrables et celles de ma cervelles dignes d’un immeuble conçu par Numérobis. Du coup, d’un tiroir, sort la phrase la plus incongru qui soit, dans la situation actuelle.

“Vous ne pourriez pas être un peu… gentil ?”

Je sais exactement d’où vient ce mot. D’un des derniers épisodes de Doctor Who avec Peter Capaldi. Où, frustré au dernier degré par le cynisme d’un de ses semblables, il lui demande juste d’être gentil. Et peu importe cette origine, en fin de compte, parce que je me rends compte que c’est ce que je pense vraiment. En face de moi, les sourcils de Claude s’arquent. Mais il ne sourit pas.

“Gentil ?
– Oui.
– Mais je le suis, gentil.
– Non. Détruire le peu de calme qu’il y a dans cette classe, ça ne l’est pas, gentil. Participer uniquement parce que d’autres veulent essayer, et sans leur laisser la parole, ça n’est pas, gentil.”

Il ne proteste pas. Ne hausse pas les épaules. Je ne triomphe pas. N’ose pas croire que le mot soit tombé juste.

“Je vais vous laisser. Cette conversation m’énerve et ne vous intéresse pas.
– Non mais je vais faire mieux, monsieur.
– Vous l’avez dit toutes les autres fois.
– Non mais gentil, je peux l’être.”

Je lui tends ses ciseaux (oui, je lui ai confisqué sa paire de ciseaux, qui pourrait être classé arme de sixième catégorie et qu’il balançait un peu près du visage de sa camarade) et le regarde s’éloigner.

Le Docteur n’avait pas réussi à convaincre son interlocuteur, en fin de compte.

Mercredi 2 octobre

Rhéa en est à sa deuxième retenue. Elle a refusé, une nouvelle fois, d’écrire quoi que ce soit sur un contrôle.

Fin de journée. Elle se trouve dans la même classe que les troisièmes Etourvol, qui bossent gentiment sur une rédaction.

Rhéa me dévisage de ses grands yeux calmes qui me mettent toujours un peu mal à l’aise. J’ai eu beaucoup de mal à expliquer à ses parents que la passivité de leur fille m’inquiétait. L’année dernière, Rhéa séchait énormément. Le simple fait qu’elle vienne à l’école tous les jours est une victoire suffisante, à la maison.

“Rhéa, pourquoi n’avez-vous pas fait le contrôle d’Histoire ?
– J’avais pas envie.
– Mais vous saviez que vous devriez venir le rattraper.
– Je pensais que vous disiez ça comme ça.”

Le ton est monocorde, presque désintéressé. Malgré tout, elle a noirci le papier qui lui a été donné.

“C’est trop compliqué ?
– Non. Je vous dis, j’ai juste pas envie.”

Une autre élève de quatrième Avaltout. Qui est loin. Très loin. À chaque fois que j’ai l’impression qu’un môme de la classe accepte les codes du bahut, un autre se révèle, à qui il faut expliquer.

“Mais pourtant, là vous avez fait ce qu’on vous demande.
– Ouais. Mais c’est calme ici. Pas comme dans notre classe.”

Et on y revient toujours. L’immense majorité des mômes de cette classe triplement suractivée prétendent tous aspirer à travailler dans le calme. Comme si “le calme” était un objet extérieur, qu’il fallait leur apporter ou leur imposer par la contrainte.
Rhéa regarde par-dessus mon épaule, loin, loin.

Et je me demande si on avance avec ces mômes.

Mardi 1er octobre

Donc, cette année, nous avons un quota de photocopies. 1000 par mois.

J’ai calculé. J’ai 100 élèves, même une bille en maths de mon envergure comprend que je peux distribuer à mes élèves dix photocopies par mois. Une toute les deux cours environ.

Je vous laisse faire le calcul pour la prof de SVT qui s’en cogne 300.

Du coup, encore un truc sur lequel on doit apprendre à gruger. En tirant des copies surnuméraires sur l’antique imprimante de la salle des profs que l’on maltraite de façon indigne, en suppliant le collège d’EPS ou d’Arts Plastiques pour nous en filer quelques-unes, en imprimant les document en police 6 (”monsieeeeeeur on voit rieeeeeen !) ou en échangeant des services rendus à des collègues contre les précieux feuillets.

Je n’ai pas spécialement mon mot à dire sur cette étrange politique, mais je m’interroge toujours sur ce genre de restrictions. Ce n’est pas comme si nous AIMIONS, nous, profs, photocopier des activités. Mais c’est souvent nécessaire. Et je trouve étonnants ces soucis d’écologie quand, par exemple, je découvre 3 cartouches d’encre inutiles car ne correspondant à aucune des imprimantes du bahut, ou une collection de boîte de craies, quand, dans le collège, subsistent très exactement 3 tableaux noirs, dont un en salle polyvalente.

Oui, ce ne sont que de petits soucis. Mais certaines journées, ces mini-soucis, s’ajoutent à tous les autres. Les conflits à calmer entre élèves, les classes totalement hors de contrôle, les réunions qui s’accumulent, les collègues qui dépriment, les 8 salles entre lesquelles nous devons naviguer quotidiennement.

J’ai souvent l’impression de devoir naviguer entre ces tous petits écueils, qui, à eux seuls, ne suffirons jamais à nous faire chavirer.

Mais chaque jour et en permanence…