
Préparation des cours pour lundi. Je cours des mésaventures de Mathilde Loisel dans “La Parure” aux tribulations de Marjane Satrapi dans “Persépolis”.
C’est l’un des aspects préférés de ce métier : donner à voir. Créer, à grand coup de textes, d’images projetés et de voix écoutées, le Paris du XIXe siècle, l’Iran des années 80, ou un futur hypothétique. Les cours que j’arrive à faire fonctionner en classe ont invariablement ce point commun : les mômes ont “vu” où ils étaient.
On me dira que je découvre l’eau tiède. Qu’évidemment, la contextualisation d’un propos est essentielle. Je pense que c’est plus que ça. Toutes ces images tombent dans le terreau tellement fertile de l’adolescence. Et, dussé-je être ridicule, je suis convaincu que les ailes qu’ils déploieront une fois adulte auront l’envergure que nous leur auront transmise tandis qu’ils étaient en cours.
Ce n’est pas rien, d’aider à déployer des ailes.