
Hier, conseil de classe des quatrièmes Avaltout.
J’ai passé des années à morigéner les profs principaux menant leurs conseils au pas de charge. Mais, sans chercher à me presser ou terminer vite, celui-ci ne dépasse pas une heure.
La vérité est que je ne crois plus au conseil de classe comme moment crucial dans la scolarité des élèves.
Ils sont vingt-cinq (une élève a déménagé) dont nous devons parler. Vingt-cinq mômes avec leur histoire, leurs forces, leurs faiblesses, leurs envies et leurs problèmes. Si on voulait vraiment bien faire, il faudrait y passer plusieurs heures, et plusieurs heures extrêmement méthodiques.
Je n’en suis pas capable.
Du coup, j’ai décidé, de façon tyrannique, parce que je suis le prof principal, et que c’est moi qui commande, que les conseils de classe que je préside seront uniquement un bilan. Un bilan, non seulement des résultats, mais de tout ce que l’on fait pour les mômes et leurs enseignants. Sans affect, sans grande révélation, parce que tout cela a lieu le reste du temps.
Au conseil de classe, la quatrième Avaltout, classe de toutes les tragédies et de tout les excès, redevient une classe comme les autres, où les cas des élèves sont discutés de façon objective, et où on passe, pour une fois, un peu plus de temps sur les mômes discrets. Ceux qui ont tendance à disparaître devant les réussites impressionnantes ou les dysfonctionnements retentissants de leurs élèves.
Durant ce conseil de classe, j’aspire à montrer à tous, et à moi-même avant tout, que la rationalité a encore sa place dans notre boulot. Parce que j’ai besoin de m’en convaincre.