Samedi 21 décembre

Hier soir, retour de soirée avec S. S. est une autre personne que j’aime très fort. Après pas mal de temps en grande banlieue parisienne, il a obtenu son havre de paix dans la capitale : un bahut plutôt calme, dans lequel il dispose, en tant que prof de musique, de moyens conséquents, tant matériels qu’humains.

Ce qui me ramène toujours à cette angoisse sourde et aussi à une polémique qui revient dans de nombreuses conversations : ne serais-je pas totalement perdu quand je quitterai un endroit où j’enseigne depuis le début de ma carrière, et peut-on vraiment dire qu’il existe “un” métier de prof ?

La réponse à la première question est bien entendu que si, bien sûr que je serai perdu. Mais il s’agit là de ma responsabilité, et aussi d’un obstacle motivant et possible à franchir.

Par contre, pour le deuxième sujet… Eh bien en ces temps de débats sur la retraite, où on nous explique notamment à longueur d’intervention médiatiques en quoi consiste cette profession et pourquoi elle est le lit d’avantage à côté desquels les sommes que touchaient Delevoye, c’était de la ferraille de fons de poches, je pense qu’il serait vraiment bon que l’Éducation Nationale se penche sur les immenses disparités qui existent sur le territoire au niveau des tâches demandées. Il ne s’agit pas, bien entendu, de jouer à qui a le plus de travail. Mais il devient de plus en plus illusoire de parler des “profs des écoles” ou des “enseignants du secondaire” dans leur ensemble. C’est même un contresens.

Ma mère a été prof de SEGPA durant toute la deuxième moitié de sa vie professionnelle et ses tâches étaient totalement différentes de celles des collègues de SEGPA que j’ai rencontrés dans mon ancien établissement, de par un public n’ayant absolument pas le même profil.

Je suppose qu’il en est de même pour tous les métiers. Mais, pour parler de ce que je connais, je pense qu’il devient urgent de regarder celui de prof avec un peu plus de précision qu’actuellement.

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