Lundi 23 décembre

J’ai passé une bonne partie de la journée à écrire le spectacle de fin d’année que les troisièmes de l’option musique, les troisièmes Glee, interpréteront. Cette année, ce sera beaucoup plus cours, plus modeste. Un spectacle d’une heure, intégrant les quatre niveaux, chaque classe chantant trois chansons.

Et tandis que je tente de trouver dans la langue française une façon de marteler la révolte, en écrivant des paroles sur Rehab, d’Amy Winehouse, je me demande si je ne suis pas devenu l’un de ces “profs à projets”. Le genre de prof qu’élèves, on regardait avec curiosité et un peu de condescendance aussi : les profs qui se montraient tellement intenses dans l’animation de leur club théâtre, du journal scolaire ou de l’organisation de voyages. Comme si c’était ça l’essentiel alors que bon, quand même, on était au collège pour apprendre (oui, j’engueulerais salement mon moi collégien, si je le croisais aujourd’hui).

Mais il n’empêche. Quand je travaille sur les productions de la section Glee, il se passe quelque chose de très doux, de très lumineux. Parce qu’enfin, je suis à ma place. Je dois me montrer à la fois exigeant, afin de leur proposer des textes qui leur apporteront quelque chose, et penser à eux avant tout, pour qu’ils s’y retrouvent.

C’est moment privilégié. Parce que du fait que nous sommes de nombreux adultes à travailler sur ce projet, que les enfants qui y participent ont choisi de l’intégrer, les choses se font dans l’harmonie. Ce qui n’est pas souvent le cas lors de notre vie d’élève et de prof au quotidien.

Il n’empêche : fréquenter cette façon de faire, travailler pour cette section m’aura énormément appris. Mais plus que des savoirs faire, plus que des techniques, le plus important reste cette impression fugace : quand c’est lumineux, c’est qu’on est dans le vrai.

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