Mardi 31 décembre

Eh bien nous y sommes. Fin de l’année 2019. Une année durant laquelle le monde de l’éducation aura pris bien cher. Entre la réforme du lycée, imposée au pas de charge, mal préparée, et qui pousse de plus en plus de collègues à quitter leur établissement pour demander à bosser en collège (si ton ambition est de faire cours à des Terminales, c’est le moment, n’hésite pas à demander ta mutation. Ta mutation et un gros tube de Xanax.), la réforme des retraites, qui empapaoute tout le monde, mais dont notre Ministre continue à affirmer qu’elle sera bonne pour les enseignants à grands coups de formules toutes faites, mais pas grand chose d’autre, et le mal-être des personnels qui se manifeste sous des formes de plus en plus douloureuses. Je ne souhaite jamais oublier Christine Renon.

Si j’ai des souhaits à formuler en tant que prof, pour l’année 2020, les plus importants seraient :

– Que notre hiérarchie arrête de nous considérer comme une bande d’irresponsables mal peignés et écoute véritablement les inquiétude de nos représentants. Notamment concernant les retraites.

– Qu’un moratoire soit posé sur les réformes pendant au moins cinq ans. Sérieusement. Changer les règles à tous les tours, ça peut être marrant dans un jeu de société, mais pas dans un domaine qui concerne l’avenir des enfants du pays.

– Que l’on arrête de considérer l’Éducation Nationale comme une entreprise qui doit être rentable, faire du chiffre au classement PISA ou se faire connaître par ses pédagogies alternatives. Enseigner est un sacerdoce laborieux, qui demande du temps et n’est pas toujours très sexy. C’est un métier d’artisan, pas de communiquant. Et il serait temps qu’on l’accepte, dans cette société de la surmédiatisation.

– Que la formation des jeunes collègues redevienne une question de pédagogie, de didactique, et non pas de mettre des profs devant des élèves le plus vite possible. Les démissions de jeunes profs n’ont jamais été aussi importantes qu’en 2019, ça devrait peut-être faire réfléchir.

– Et pour finir, que l’on mette, sans cynisme aucun, les intérêts des élèves, quel que soit leur âge, au centre des débats. Qu’on ne les fasse pas parler pour servir tel ou tel propos d’adulte mais qu’on en revienne perpétuellement à la question : que voulons-nous leur apporter ?

Je sais qu’on dirait plus une lettre au Père Noël qu’une liste de souhaits réalisables mais… il faut toujours espérer !

Bon réveillon à tous.

Laisser un commentaire