
“Ce n’est pas un débat, ce n’est pas une négociation.”
Il s’agit d’une de mes phrases fétiches de l’année 2020. Elle m’a été soufflée lors du visionnage d’une vidéo de “La tronche en biais” et une intervention du modérateur. Le genre de non-événements qui déclenche brutalement les rouages de la réflexion.
Il y a quelques années, j’aurais eu du mal à assumer cette parole, moi qui me targue, du haut de ma prétentieux, de toujours attacher de la valeur à ce que disent les élèves et de ne jamais me couper d’eux.
Mais je me suis rendu compte que cette phrase a du pouvoir. Et plus encore, qu’elle rassure. Dans la quatrième Avaltout, classe où faire baisser le volume sonore sous le niveau d’un chantier d’essai pour des réacteurs d’Airbus est une gageure, il s’agit de de l’un des rares outils qui permet de retrouver un minimum de concentration ; à condition, comme absolument toutes les attitudes et les phrases de prof, qu’elle ne soit pas trop souvent employée.
Et surtout toujours à bon escient.
“Ce n’est pas un débat, ce n’est pas une négociation.”
Il existe des moments où vous, les élèves, devrez souscrire à ce que l’on vous dit. Parce que nous sommes des adultes. Que c’est comme ça.
Je l’utilise rarement car les situations où une affirmation est totalement inattaquable et vraie pour vingt-six ados sont finalement assez peu communes. Mais les mômes comprennent. Comprennent que les moments où nous ne sommes ni dans ce débat, ni dans cette négociation, ce sont les moments où ils peuvent faire entièrement confiance à un adulte. Où la parole qui leur est donnée est précieuse, parce qu’irréfutable.
Parfois, couper court à tout échange, ce n’est pas se fermer. C’est rappeler qu’il existe des piliers, sur lesquels on pourra toujours s’appuyer.