
Ambiance tendue comme un spectateur de Doctor Who entamant un épisode de la saison 12, au bahut en ce moment.
Nous sommes à cette délicieuse période de l’année durant laquelle la DHG est en train d’être discutée. La DHG, pour les bienheureux non-initiés, c’est la dotation horaire globale. Ou, pour parler de façon intelligible, la façon dont les heures dont nous disposons sont employées. Y aura-t-il davantage de sciences ou de techno ? Et si c’est le cas, cessera-t-on de travailler en demi-groupes en français ?
Tous les ans, les tensions montent devant cet affligeant constat : nous n’avons pas assez de temps. Pas assez d’heures pour enseigner sereinement. Et également pour tenir compte des desiderata de l’institution. Dernier exemple délicieux en date : il nous a été demandé par le rectorat de mettre en place une section rugby, et ce dès la sixième. Pour cela, on nous a fourni des heures supplémentaires qui devaient permettre de donner davantage de cours d’EPS au élèves de cette section… Mais pas plus loin que la sixième. Du coup, faire survivre cette section plus d’une année pour les élèves nécessitent des calculs à côtés desquels ceux des appareils qui tradent à Wall Street font figure de gentilles multiplication sur calculatrice Texas Instruments Collège.
La DHG, c’est ce que l’Education Nationale peut avoir de plus moche et de plus mesquin : le chef d’établissement réclame de nouveaux projets, qui lui sont demandés par sa hiérarchie. Les enseignants demandent davantage d’heures pour appliquer ces nouveaux projets, et permettre aux élèves de pouvoir être individualisés. Le tout dans des délais très brefs, lors de réunions insupportables, dont les conclusions laisseront toujours tous les partis frustrés et en colère.
La raison en est pourtant simplissime. Tous les ans, les enveloppent horaires diminuent, et les effectifs augmentent. Tous les ans, on demande aux personnels d’éducation de faire magiquement mieux avec moins de marge temporelle. Tous les ans, on nous demande d’être le Docteur, capable de tricoter le temps et l’espace.
Manque de bol, nous ne sommes pas des Seigneurs du Temps. Alors, comme les auteurs et les réalisateurs de la série, on tente de faire illusion. Jusqu’au moment où on nous retirera les projecteurs et les décors aussi, sous prétexte d’économie.
Et moi j’en ai marre, de faire de la magie pour économiser des sous.