
C’est un paradoxe que je ne m’explique pas. On ne cesse de se désespérer quant à cette génération “accroc aux écrans.” Et certains suggèrent perfidement que l’accès au savoir pourrait grandement se dispenser de l’école, les connaissances étant à une recherche internet de distance.
Et pourtant, les élèves ne voient pas. De moins en moins, ils ont des représentations mentales de ce qui est évoqué dans les textes.
Je me plains souvent de ne pas disposer d’une salle attitrée. Moins pour pouvoir laisser tout mon bazar sur place que de pouvoir afficher. Pouvoir montrer des images. Bon gré mal gré, j’utilise le vidéoprojecteur. Pour reconstruire Paris au XIXe siècle, la campagne anglaise, des paysages dévastés, des manifestations importantes, des époques couvertes de poussière.
Et à chaque fois, les mêmes phrases : “Ah mais c’était comme ça, dans le temps?” “Je comprenais pas pourquoi on nous parlait de ça.” “Ah, je vois, maintenant !”
Ce n’est pas une méthode miracle. Mais dans la grande majorité des cas, les mômes qui ne saisissaient rien aux univers évoqués dans les textes retrouvent pied. L’histoire se déroule dans un décor auquel ils ont désormais accès. Et c’est quelque chose auquel je m’emploie systématiquement.
Parce que les images, c’est comme tout : il faut les apprivoiser.