
Un truc que je réussis assez bien, c’est invoquer des fantômes.
Je le fais régulièrement, quand nous allons passer du temps en compagnie d’un auteur : Molière, Kressman Taylor, Agatha Christie, Maupassant, Sand ou Montesquieu… Donner du contexte aux élèves. Leur parler de la femme ou de l’homme, de son époque et de sa vie.
Pendant longtemps, j’ai tenté de faire faire des recherches aux élèves. Compliqué. Compliqué parce que se repérer au début du XXe siècle ou en plein XIXe, quand on ne le connaît pas, c’est compliqué. Ce qu’il fait qu’ils ne comprenaient pas qui avait écrit ces textes, et, par voie de conséquence, pourquoi on s’y intéressait.
Finalement, il faut les incarner.
La première heure de pas mal de mes chapitres est donc un curieux mélange entre un cours magistral, une conférence, un sketch et un seul en scène où je raconte, à gros traits, la dispute de Molière et de son papa (”Il ne lui a jamais pardonné, monsieur ?”), la mystérieuse disparition d’Agatha Christie, ou les mensonges de Montesquieu.
Créer des archétypes.
Ils ne seront pas toujours subtils. Bien sûr que Molière n’était pas le pote-employé de Louis XIV. Que la vérité derrière la disparition de Dame Christie est sans doute bien triviale, que Kressman Taylor n’était peut-être pas aussi déterminée que je la décris. Ils l’apprendront plus tard, quand ils seront entrés dans la lecture, dans le cours.
Mais au début, il faut donner des visages.