
Je suis allé assister au cours virtuel de L., la prof de maths des 3e Etourvol. En audio, comme tous les cours que nous donnons via ce système. Sur le tableau blanc, les chiffres s’alignent, en traits un peu tremblants, modifiés puis effacés par des mains invisibles.
Il n’y a qu’L. qui parle, accent chantant, débit fluide, parole précise, et je me prends à rester à ce cours auquel je ne bite rien. En cette période où, plus que jamais, les écrans se sont transformés en une vaste salle des professeurs, aux conflits démultipliés, je me comporte exactement comme au quotidien : je me dirige vers les gens qui me donnent de la force. Je vais devoir me faire une discipline de cela, dans les semaines à venir : soutenir, et me tenir près de ceux qui me donnent de la force. Pour que mon métier tienne debout, pour que les cours que je lance à travers le vide gardent une substance.
Les trois et les x continuent à danser sur le blanc de l’écran. Et derrière la voix d’L, on entend des chants d’oiseaux.