
Depuis trois jours, je réponds en flux continu à des messages
d’élèves concernant leur orientation : j’en déduis que les lycées
doivent commencer à communiquer au sujet des inscriptions de l’année
prochaine, inscriptions que le confinement va rendre super chouquette je
le sens.
Si la situation n’était pas su grave, je sourirai
devant l’ironie de la chose : nous passons l’année de troisième à
préparer nos élèves le mieux possibles, les CPE et les professeurs
principaux sont toute l’année sur le pont. Des visites d’établissements,
des mini-stages, des discussions à n’en plus finir sur leurs envies,
leurs ambitions, des objectifs qu’on leur fixe. Histoire de rendre ce
moment souvent angoissant le plus serein possible.
Et il
suffit d’un organisme microscopique pour foutre ça en l’air. Même si
nous sommes toujours joignables, concrètement, les mômes se retrouvent
seuls face à leur fiche de vœux. Je me disais que, peut-être, les élèves
en faisaient trop en troisième. Qu’ils ramenaient souvent le sujet à
leur orientation histoire de gagner du temps de cours (on les connaît,
les stratagèmes pour retarder le moment de se mettre au boulot).
Cette
année démontre que non. Que pour beaucoup d’entre eux, il faut user
cette appréhension, comme tant d’autres, au quotidien.
C’est
ce dont ce confinement nous a privé. Le quotidien. Nous tentons de toute
notre énergie de projeter nos conseils, notre assurance. Mais, comme le
dit invariablement M., quand il entraîne les élèves au théâtre : “ça
manque de corps”.
Nombreux dans notre hiérarchie observent cette
période, pour estimer à quel point il est possible de distendre la
présence entre les personnels de l’éducation et les élèves. Qu’ils en
soient avertis : cela n’est pas possible.