
Une nouvelle fois, descendre la liste alphabétique des noms pour téléphoner aux familles. Là aussi, on prend des habitudes. Appeler la tante de Nial plutôt que ses parents, elle pourra leur traduire notre conversation, et habite dans l’appartement d’en face. Reconnaître la voix du petit frère et lui demander si la classe de CE1 lui plaît. Se souvenir que, cette semaine là, Alair est chez son papa et qu’il faudra immédiatement appeler la maman pour la tenir au courant une fois notre conversation finie.
On apprend à s’adapter, dans ce boulot. Je déteste toujours autant le téléphone, mais je me livre désormais à l’exercice sans plus de résistance que cela.
Patiemment, on retisse sa classe, on compte les troupes, et on espère qu’ils arriveront encore à tenir, à apprendre, tant que durera la pandémie. Et on tire du réconfort des voix des parents, qui, désormais, reconnaissent votre voix, vous appellent par votre nom. “Vous nous appelez plus que certains de la famille.” rigole un papa. “C’est très réconfortant.”
Du réconfort. Ouais. En ce moment, c’est pas mal.