
Résumons.
Aujourd’hui j’ai :
– Préparé un cours que les élèves peuvent mener en autonomie totale, rapport au fait que les classes virtuelles étant désormais devenu le truc cool, tout le monde veut en faire, et les élèves risquent de se retrouver à passer leurs journée devant des écrans sponsorisés par le CNED (et plus par Fortnite). J’ai donc réduit mon quota hebdomadaire.
– Téléphoné à dix élèves, huit pour leur demander pourquoi ils n’avaient pas donné signe de vie depuis la rentrée (parce que bon, en ce moment, on a UN PEU tendance à surréagir, avant d’apprendre que oui, ils vont très bien et que ben eeeeuh oui, en fait, ils n’avaient pas trop envie de travailler), une autre pour rererereredéfinir un mot de passe pour son ENT (1h30) et un dernier pour lui parler de son orientation (1h).
– Rempli des dossiers d’orientation en 3ème préparation professionnelle… Je déteste déjà le travail administratif pour moi, alors je ne vous raconte pas pour les autres. Le tout sans pouvoir, toutes les trois minutes, solliciter l’aide de la CPE comme je le fais en temps normal. Je suis donc présentement en train de suer à grosses gouttes en espérant que je n’ai pas fait de connerie.
– Discuté une heure avec une élève, totalement angoissé à l’idée de rester chez elle, ET de reprendre les cours (”j’ai l’impression que ça va mal se passer quoi qu’il arrive”).
– Déconstruit le lot quotidien de fausses nouvelles que s’échangent les élèves (la tendance du jour étant : “on va nous donner des masques contaminés pour tuer les plus faibles.”)
– Descendu une chaîne de mails longue comme l’Anapurna, reconstruisant petit à petit le quotidien de chaque classe, au fil des mots, des ordres, des contre-ordre, des urgences.
“C’est ça, désormais, ton boulot.” me siffle une petite voix. “Prépare-toi à ce que ça dure. Que ça revienne.”
Je la fais taire. Et je repense aux voix des enfants.