Samedi 2 mai

Je reçois aujourd’hui un mail précis, poli et adorable de Brinya. A l’image, donc, de son expéditrice. Depuis le début de l’année, elle arrive en cours avec le sourire et ses devoirs faits. Qu’il pleuve, qu’il vente ou que Nils ait décidé qu’aujourd’hui, il allait balancer ses crottes de nez à l’aide d’une sarbacane, elle travaille avec bonheur. Le terme n’est pas trop fort. Elle ressort perpétuellement de la classe en souriant. Brinya aime l’école et, depuis le début du confinement, n’a pas raté la remise d’un seul devoir

Dans son écrit, elle me demande comment se procurer un ordinateur ou une tablette (le collège en prête aux élèves qui en ont besoin). Je lui explique la démarche à effectuer et m’étonne qu’elle ne m’ait pas informé avant que cet outil lui manquait.

“On m’avait prêté un ordinateur mais j’ai dû le rendre. C’est de plus en plus compliqué de travailler comme ça.”

J’ai déjà reçu trois messages similaires. Les écrans rendent l’âme à force d’être partagés et sollicités. Le rythme crée par les élèves et leurs parents, tant bien que mal, brinquebale, tout craque et se lézarde chez nos élèves.

“Je crois que tout le monde va comprendre que l’école tient tout ensemble.” conclut Brinya dans son dernière mail.

Souvent, ma sœur cite avec amusement cette phrase de Pratchett, me semble-t-il, qui dit que tout ce qui sépare l’humanité de la barbarie, c’est un repas chaud et un lit où dormir.

Et, apparemment, l’école pour “tout faire tenir ensemble”.

Laisser un commentaire