Jeudi 7 mai

“Monsieur, vous avez vu, il y a du soleil ! écrit Ilya, qui a inséré un cœur, près de son nom.
– Vous avez un jardin, monsieur. Ou un balcon ?”

Les troisièmes Glee s’installent gentiment à leurs pupitres de pixels. Nous commençons à pencher le nez sur un texte d’”Inconnu à cette adresse”, qui raconte l’étrange fascination des années 30 pour le petit dictateur à moustache. Les mômes participent, chacun à leur manière. Entre ceux qui vont chercher des renseignements sur Wikpedia, les organisés qui trient les arguments en plusieurs colonnes sur un faux tableaux blancs et les avides de parole, le micro toujours ouvert.

“Vous êtes très en forme aujourd’hui, dites-moi.
– Oui, on s’est dit qu’on allait sans doute rester longtemps à faire cours comme ça.
– Et ça vous fait plaisir ?
– Ben c’est comme vous nous dites monsieur. C’est comme quand on a une mauvaise note : on peut se mettre en colère et dire que c’est injuste, ou essayer de voir ce qu’on peut faire. On a fait un pacte entre nous : on va faire du mieux qu’on peut. Comme avant les spectacles de fin d’année, en fait.
– C’est vrai, lance Miriam-chan (”je peux garder le “chan” pour cette heure ? Juste pour cette heure, s’il vous plaît !”)  On n’avait pas fait de pacte depuis tellement longtemps… C’est toujours quand il fait beau, que ça arrive.
– Bon. On y va ?
– D’accord monsieur.”

Depuis que je les connais, depuis la sixième, cette classe n’oublie jamais de me rendre heureux.

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