Samedi 9 mai

Chers élèves,

Merci de m’avoir rendu votre rédaction à l’oral. 42 copies sur deux classes, c’est pas mal du tout. Et je sais que, pour beaucoup d’entre vous, cette minute de lecture du discours que vous aviez préparé (un discours inspiré de la nouvelle “Quiz aux travaux forcés”) n’a pas été évidente.

En plus de cela, je peux bien vous l’avouer, ma motivation en vous donnant ce travail était bien égoïste. Parce que ça m’a fait beaucoup de bien, de vous entendre, autrement qu’au travers de petites phrases déformées, lors des classes virtuelles, auxquelles vous assistez de moins en moins souvent.
Je vous ai entendu inspirer avant de vous lancer dans vos phrases, trébucher sur les mots dont vous n’étiez pas sûrs. De temps en temps, vous croyiez à votre tirade, et il y en a même certains qui ont joué leur personnage de bout en bout.

Pendant 42 minutes, j’ai pu retracer vos voix. Me rendre compte que tout au long de l’année, elles polissent en ruisseau les pierres de ma perception. Et que depuis presque deux mois, ce ruisseau s’est asséché.

Il y a ce film très pessimiste que nous avons étudié dans lequel un personnage dit : “C’est incroyable, ce que peut devenir le monde sans les voix des enfants.”

Je vous dis toujours qu’il faut se méfier du lyrisme à outrance.

Pas cette fois-ci.

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