Vendredi 16 mai

J’inaugure aujourd’hui une classe virtuelle optionnelle d’aide aux devoirs, à la méthodes et d’à peu près tout ce que vous voulez, de 15h à 16h. J’ai averti mes quatre classes.

Ils sont trois à être présents. Normal.

Trois élèves qui n’ont absolument pas besoin d’être là, de troisième Glee. Nous parlons de leurs divers problèmes d’organisation (quinze minutes), puis ils se mettent à papoter. Quatre ans de rétrospective de leur scolarité.

“Regardez monsieur, comment on était insupportables, avec nos petits voix et nos petits cartables ! rigole Nial, en balançant des sauvegardes de snaps.”

On les voit, devant le canal qui court le long du collège. Une dizaine de petits loulous surexcités, portant sur leurs dos des sacs immenses. Rires, tout le temps.

“Arrête, proteste Alyssa. C’est normal qu’on ait été comme ça, on était petit, fallait qu’on change !
– En tout cas, j’aime bien ce qu’on a été, ajoute Sylla, le micro crachotant comme un poste clandestin de la Résistance. Je veux dire, le collège c’est dur. Mais ça faisait du bien d’arriver dans cette classe et de faire nos trucs.
– J’aurais bien voulu que ça se termine autrement, quand même, repart Alyssa. Alors quand ça me rends triste, je m’imagine au spectacle d’il y a deux ans. C’était tellement bien. J’aurais aimé qu’on reste dans ce monde toute notre vie.”

Quarante minutes. De pensées morcelées, qu’ils partagent, dans notre soleil en commun de fin d’après-midi.

Avant de commencer le cours, j’écoutais une vidéo : le vrai langage des oiseaux.

Je l’ai trouvé.

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