
Sur cette photo, je suis de dos, bras étendus, debout devant une scène. Face à moi, ceux qui sont, en cette année 2020, les troisièmes Glee, et qui sont encore les sixièmes Glee. La bouille concentrée, esquisse des jeunes gens qu’ils sont devenus depuis.
C., collègue d’EPS beau et talentueux – parti depuis vers de plus douces contrées – nous a figé lors du final de leur premier spectacle musical
“Je suis moi, à peu près.”, ai-je écrit dans ce journal, il y a quatre ans et trois jours.
C’était prétentieux. Et dicté par l’euphorie du moment. J’avais la sensation que j’étais arrivé au sommet de ce que pouvais m’offrir la profession. Avoir accompagné des élèves, une année durant, tant dans le domaine scolaire qu’artistique. Et me retrouver à les faire chanter, bien chanter, dans une vraie salle de spectacle.
Depuis, mille choses sont arrivées. La plupart moins brillantes – pas toutes – mais beaucoup aussi puissantes. Il manque au Monsieur Samovar de cette photo tant de cicatrices, mais aussi de joies et de triomphes. A quelques semaines de mon départ d’Ylisse, je rends grâce au hasard, au destin, au grand Cthulhu ou je ne sais quoi d’autre : depuis que j’enseigne, chaque année m’a apporté quelque chose. Tant professionnellement que personnellement. Je me préfère aujourd’hui qu’en ce 18 mai 2017, où je débordais de bonheur.
Et ce soir, où il fait trop chaud où, à chaque heure ou presque, un élève de troisième Glee m’envoie un message concernant le boulot ou pas forcément (blame the confinement), je fais le vœu que cela continue.







