
Cinquante-cinq minutes. Je ne sais pas, à l’issu d’aujourd’hui, lesquelles sont les plus longues. Celles où la classe met un dawa pas possible dans la classe, ou celles durant laquelle il ne se passe rien.
Littéralement rien.
Je m’escrime et écume devant mon écran. Les petites silhouettes sur le côté droit de la fenêtre restent impassibles. “Personne n’a une idée sur cette question ? Petra ? Ashe ? Un problème de micro, peut-être ?”
Les seules réponses s’affichent sur le chat.
*non*
*jsp*
Pourtant le cours n’est pas différent des vingt autres qui l’ont précédé. Mais aujourd’hui, juste, il n’y a rien à faire, ça ne fonctionne pas. J’essaye de me rassurer en me disant que c’est comme ça lors des cours devant les élèves aussi. Que parfois rien ne passe, que si c’était comme si on n’était pas là.
Mais tout seul devant son écran, à faire inlassablement défiler les diapositives de sa présentation, il y a quelque chose d’inquiétant. Est-ce que c’est la fatigue, est-ce que le lien est rompu ? Est-ce que ma voix ne porte plus ?
Vertige devant les lignes de codes.