
Depuis le début du confinement, invariablement, Loretta me rend ses exercices. Pas toujours en temps et en heure – il y a longtemps que j’ai abandonné l’idée de récupérer les diverses activités, les quiz et les évaluations à la date prévue, mais systématiquement. Et le travail est de qualité.
Pourtant, elle ne vient jamais aux classes virtuelles.
Loretta ne dispose pas, chez elle d’une connexion internet. Il y a un portable pour toute sa famille. Alors elle fait comme elle peut, depuis trois mois. Elle demande à des amis, au voisin. Dès qu’elle a un moment, elle récupère, sur des écrans empruntés le contenu des cours.
Loretta m’aide à ne jamais perdre l’essentiel de vue : la lisibilité. Bien sûr qu’il est plus valorisant de préparer des activités un peu funky, avec des lectures interactives, des documents vidéo, des fichiers à télécharger. Mais tout cela, elle n’y aura pas accès. Avant toute chose, ce qui doit être solide et droit, c’est le contenu. Parvenir à créer des supports clairs mais exigeants, rester précis dans les attentes, sans basculer dans l’ambiance pupitres et années 50.
Ce confinement m’aura aussi amené à tester la solidité de mes cours, à voir ce qu’il y a au centre de ce que je tente de transmettre.
Sacrée épreuve du feu, encore une fois.