Mardi 30 juin : final

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(NB : Je devais poursuivre ce journal jusqu’à vendredi. La direction ayant décidé aujourd’hui d’arrêter les cours, je préfère, pour beaucoup de raisons, l’arrêter après cette note).

J’aurai vu les 4ème Dracaufeu en tout et pour tout deux fois après le confinement. Une fois hier et une autre aujourd’hui. C’est un vrai dernier cours, pour eux comme pour moi : nous avons regardé le court-métrage “Influenceuse”, et D., qui est ami avec l’une des comédiennes du film, a pu l’inviter à parler avec les élèves de son travail.

Et pendant qu’elle répond aux questions intimidées des mômes, des collègues viennent peu à peu s’installer pour écouter ce qu’il se dit. Un dernier cours exceptionnel pour la classe sans doute la plus normale que j’ai jamais eue à Ylisse. Peu de mômes splendides et écorchés vifs, de grosses prises de bec ou de déclarations. Juste des élèves, et un prof qui leur faisait cours, dans des conditions plus ou moins agréables, selon les jours.

Les deux heures s’achèvent, et à eux aussi je dis au revoir. Et je les remercie d’avoir rendu beau ce dernier cours passé à Ylisse. Point final à six ans d’aventures.

Six ans qui entre ces murs m’auront vu douter, rencontrer des élèves d’une intelligence et d’une sensibilité folle.

Six ans durant lesquels j’aurai rencontré mon meilleur ami, et un mec que j’aime de tout mon cœur.

Six ans où j’aurai rencontré des collègues comme autant d’étoiles qui ont prolongé le travail qu’avait entamé ceux de Criméa : faire de moi une meilleure personne (et y avait du boulot).

Six années qui m’auront vu écrire deux comédies musicales, repenser mes cours une fois par an, courir après des élèves qui n’avaient rien à carrer de l’aide que je voulais leur donner et tendre la main jusqu’au bout de l’auriculaire pour en attendre d’autres qui la voulait.

Six ans d’excès. Trop d’émotions, de boulot, de ras-le-bol, de rires, de larmes, de sandwichs à la boulangerie d’à côté, de licornes dans l’équipe d’anglais, de blagues nulles. Six ans qui m’auront encore une fois changés.

Et maintenant ? Que se passera-t-il, dans ce nouveau chapitre breton ? Rentrerai-je encore chaque jour, les tempes vibrant de ce qui s’est passé ce jour, tandis que les doigts fatigués retranscriront, sans les relire, les événements de la journée ?

J’ai commencé ce journal comme une thérapie. Il m’a amené tant de choses. Tant de voix, tant de personnes.

Six ans à vous rencontrer. C’était beau. Peut-être que ça continuera.

En attendant, je vous souhaite à tous un bel été. Quelques billets fleuriront, comme d’habitude, sous la chaleur.

Et pour la suite… Eh bien elle reste à écrire, pas vrai ?

Au revoir, Collège Sonia Delaunay. Au revoir Grigny. Au revoir tous.

Prenez soin de vous. Je vous aime.

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