Jeudi 9 juillet

Rencontre avec M. : nous avons fait connaissance via ce journal. M. est prof de SVT, hyper déterminé dans son boulot, et d’une beauté impressionnante. Nous discutons plusieurs heures, et je repars avec cette tranquille certitude, que je ressens de plus en plus fréquemment, quand je rencontre de jeunes collègues : le futur est entre de bonnes mains.

La très grande majorité du temps, et malgré les conditions de plus en plus difficile d’exercice de notre profession, j’ai toujours rencontré de nouveaux arrivants impressionnants de détermination, d’envie et de connaissances. Au-delà du marasme dont on tartine le métier de prof, luit un idéal, très pur, dont les formes changent, selon les individus et les motivations, mais qui reste, au centre, toujours le même : quelque chose de l’ordre de la dévotion. Dévotion à sa discipline, à la pédagogie, aux élèves, peu importe.

“Pour se lancer dans ce métier, il faut vraiment avoir le feu sacré.” m’avait dit mon prof d’anglais de lycée, il y a de nombreuses années. Je ne sais pas si la flamme est la plus importante. Mais il faut quelque chose qui puisse brûler sans jamais se consumer. Quelque chose que je trouve à chaque rencontre avec des collègues.

“Tu ne seras jamais en mal de personnes à admirer.” ai-je, entre autres, pompeusement balancé dans mon discours de fin d’année en évoquant mes années au bahut.

C’était prétentieux, mais vrai. L’enseignement attire un nombre de personnes qu’on a envie de prendre pour modèles, qu’elles aient dix ans de plus ou de moins que vous. Et c’est beau, de pouvoir vivre ça au quotidien.

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