Mercredi 2 septembre

Journée quelque peu angoissante aujourd’hui, tandis que je prépare mes premiers véritables cours de sixième. J’ai l’impression d’être un danseur de hip-hop, à qui on apprend le tango argentin.

Faire cours à Ylisse consistait à toujours se tenir prêt sur ses appuis. Se montrer capable d’improviser, de désamorcer une situation qui aurait pu mal tourner, repenser son cours intégralement à cause d’un événement inattendu. En fin de compte, et même si les élèves ne le formulaient pas ainsi, j’ai la sensation qu’un “bon” prof là-bas était capable de s’adapter à tous les imprévus.

D’après le peu que j’ai vu de mes élèves et les conversations avec les collègues, ce n’est pas le cas à Nohr. Sur cinquante-cinq minutes, il y a pas mal de chances que j’en enseigne, disons cinquante (disons moins les premières semaines, entre les explications sur quel crayon utiliser, où coller les feuilles, dans quel sens, oui tu as écris sur la mauvaise page, Erica, mais ça n’est pas grave, s’il te plaît ne pleure pas, on va s’en sortir), là où à Ylisse, j’étais toute l’année plutôt sur du quarante.
Du coup, mes cours risquent d’avoir besoin d’être sérieusement retravaillés.

Lors d’une discussion avec M. hier soir, il me fait part de son envie de donner à sa classe de 1ère au profil hyper-scientifique les cours les plus carrés possibles. Je pense que beaucoup d’entre nous entame l’année ainsi : trouver ce qui nous légitimera. Épreuve plus ou moins simple en fonction de notre ancienneté dans le métier, dans l’établissement, de notre statut, contractuel, TZR ou en poste fixe, et de tant d’autres choses…

Journée quelque peu angoissante aujourd’hui : être le prof intransigeant ou cool ? Commencer tout de suite dans une explosion de Power Points et de cartes mentales ou se montrer rassurant, avec des photocopies claires et classiques ? Écrire au tableau ou taper à l’ordinateur ? Mille détails qui peuvent sembler futiles mais qui créent le cadre…

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