
Fin de la première semaine à Nohr : les masques tombent. Littéralement. Quelques élastiques se distendent et de petits nez de sixièmes en dépassent. “Je suis désolé monsieur, je peux pas le tenir sur mon nez et écrire en même temps !
– Pour moi aussi c’est trop dur monsieur, je suis trop petit pour arriver en haut du cahier, alors je suis obligé de me mettre à genoux, c’est du le collège !”
Je me dois de mobiliser toutes mes réserves de cynisme pour ne pas couiner un truc du genre “Mais ne vous en faites pas mes choudoudous, je vous promets que tout ira bieeeeen !”
Les masques tombent aussi devant mes paupières : petit à petit, les mômes gagnent leur individualité : je remarque ceux qui lèvent le doigt en permanence, ceux qui, déjà roulent les yeux lorsque je leur propose une activité. Les plus grands, les plus petits, ceux qui font tomber leurs affaires et ceux qui demandent s’ils peuvent utiliser le crayon plutôt que le stylo pour écrire.
Lentement, Nohr émerge de la brume. Et en parallèle, l’espèce de stupeur dans laquelle je suis depuis le déménagement se dissipe. Quelques projets se dessinent… En scène !