Mercredi 16 septembre

Deux semaines : c’est le temps qu’il me faut pour fixer le nom des élèves sur leurs visages. En français, nous avons la chance d’en voir moins, et le regard s’habitue à soustraire la partie inférieure du visage.

Les individus émergent, et les classes se solidifient. Comme tous les ans, à chacune sa personnalité.

Les sixièmes Akwakwak, qui m’ont été confiés. Plein de bonnes volontés, mais trébuchant sur tous les pièges de la langue française. La classe de sixième telle que je me la caricature parfois, qui passe à la ligne quand je passe à la ligne parce que je suis arrivé au bout du tableau, qui oublie ses affaires, qui demande si c’est bien, qui sourit tout le temps.

Les sixièmes Brindibou, posant sur leurs professeurs des regards de petits adultes. Je ressens en travaillant avec eux un sentiment de sérénité qui me rappelle la première génération des troisièmes Glee. Cette sensation qu’enfants et adultes font partie d’un groupe en route vers un but commun, même si le but est encore flou. 

Les sixièmes Canarticho, drôles, vifs, et torturés. Une classe pleine d’histoires que leur professeur principal se casse déjà la tête à gérer, une classe toujours le doigt levé, une classe qui dit mais, une classe qui veut tout comprendre. La classe, enfin, qui me fait me sentir le plus à l’aise. Ces enfants-là, je les connais.

Bien sûr que les choses fluctueront, c’est normal, et c’est sain. Mais il est toujours satisfaisant, quand on est prof, d’identifier ses quêtes.

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