Lundi 28 septembre

Première réunion de l’année : les projets de classe se déploient, on parle de sorties scolaires au conditionnel, d’ateliers théâtre, de reconduire des projets de light painting.

J’écoute les collègues prendre la parole à tour de rôle, avec l’impression de me situer dans un plan de réalité légèrement décalé. Dans six mois, je quitterai Nohr, qui sera, je l’espère, en pleine effervescence du troisième trimestre. C’est le rôle du prof remplaçant : prendre soin des mômes en attendant le retour du titulaire. Alors se lancer dans des projets qui verront leur aboutissement au mois de mai ou juin, dans un bahut que j’apprends encore à connaître me semble pour le moment relever de la fiction.

Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas senti ainsi : pas depuis mes débuts de carrière. Un peu plus léger, un peu moins dense qu’à l’accoutumée. Dans une poignée de semaines, tout cela sera derrière moi, et c’est absolument normal. C’est étrange.

Quoi qu’il en soit, demain, je serai devant les sixièmes pendant sept heures. Et avec eux, pas question d’être fantomatique. Et c’est ce que j’aime dans ce boulot : cette réalité intense, pure et inaltérée.

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