Jeudi 1er octobre

Les sixièmes ont toujours mal quelque part.

Besoin d’aller faire pipi.

Un doigt “tordu bizarre”.

Envie de vomir.

Envie de la grosse commission (si possible, exprimé suffisamment fort pour que tout le monde l’entende et se torde de rire pendant que le demandeur rougit jusqu’aux oreilles et se met à pleurer.)

Et je ne sais pas quoi faire de ça.

On me dit de l’ignorer.

On me conjure d’y prêter la plus grande attention.

Le fait est que oui, ils aiment qu’on s’occupe d’eux, ces petits qui viennent d’arriver chez les grands. Ils veulent pouvoir explorer la Vie Scolaire. Les grandes toilettes. S’échapper des salles de classes pour profiter des couloirs déserts. Et qu’il faut leur faire comprendre que non, ce n’est pas la fête, et qu’ils ont appris à être autonomes en maternelle. 

Mais quand tu apprends que l’un desdits petits sixièmes s’est fait pipi dessus (au moins une fois par an), que d’autres sont rentrés chez eux, brûlants de fièvre (et pas seulement au temps de la Covid), que des migraines les font pleurer de douleur, mais est-ce la migraine ? Tu te dis que ces signaux ne peuvent pas être ignorés. Que c’est peut-être le collège, cet endroit, tellement dur, qui trace dans les chairs et les esprits les premiers sillons. Ces sillons qui deviendront tellement évidents, tandis qu’ils entreront dans l’adolescence.

Ça n’arrivera plus très vite. Dès le deuxième, troisième trimestre. Ils se seront habitués. Ils se seront endurcis. Les couleurs de l’enfance se patinent.

C’est normal. C’est sans doute une bonne chose.

Sans doute. Sans doute sans doute sans doute.

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