
Aujourd’hui, les sixièmes Brindibou travaillent sur le brouillon des contes qu’ils inventent. Seuls, à deux, à trois, quatre ou cinq. Ils ont beaucoup travaillé ce mois-ci. Révisé avec beaucoup d’attention, même quand c’était difficile. Et certains se sont rendus compte que le chemin cette année serait compliqué.
Mais cette heure-ci, ils ont placé leurs tables comme ils veulent. Discutent, réfléchissent, parfois un peu fort, normal, des sixièmes.
Alors en fond sonore, je leurs mets une liste de morceaux toute douce. Les éclats de voix s’émoussent. Et ils travaillent, quarante minutes durant, tandis que je me déplace de table en îlots. Présence fantôme.
Et quelques minutes avant la sonnerie, immense soupir.
“Tout va bien, Viki ?
– Oui monsieur. Juste, je me suis bien reposée.”
Et elle me rend les trois pages de brouillons qu’elle a rédigées. Ils sortent tout doucement.
Parfois, quand les étoiles sont bien alignées, deux ou trois fois dans l’année, il y a des heures magiques.