Vendredi 30 octobre

Une ancienne élève me contacte sur Twitter. Je l’ai connue au collège Criméa. Et tandis qu’elle évoque les cours que nous avons passés ensemble, et les souvenirs, je regarde le Samovar d’alors.

Celui qui, comme elle me le rappelle, portait des T-shirts Star Wars – je ne le fais plus – faisait étudier Lovecraft – je le fais toujours – parlait très fort, se balançait d’un pied sur l’autre, ouvrait la porte de communication pour parler avec sa collègue d’Histoire-Géo, qui s’emberlificotait systématiquement dans ses explications. Ce Samovar comme une mue.

J’ai tellement de gratitude pour ses échecs et ses réussites. Comme pour tout ce que j’ai vécu jusque là, et qui me rapproche, chaque année de quelques millimètres, de l’enseignant que j’aspire à être. Malgré les coups du destin.

Le message de L. me rassérène. J’ai commencé ma carrière dans une absence de sens totale, j’ai passé trois ans à me dire que j’avais passé ce concours par défaut. Et j’ai conquis, notamment l’année où j’étais son prof principal, le droit et l’envie d’être enseignant.

Les jours à venir seront compliqués, mais assez pigné. Je veux me battre, protéger les autres, et enseigner. En souvenir de toutes mes vies passées.

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