
Un de mes plus grands moments de bonheur ces dernières années a été le hiatus entre deux épisodes de Doctor Who : on allait lever, dans plusieurs semaines, le mystère qui planait sur l’identité de l’un des personnages. Et les spéculations allaient bon train. Mille scénarios à l’heure, pour cette fiction dans laquelle je m’étais embarqué.
Des trois sixièmes auxquelles j’enseigne, ce sont les Akwakwak qui réagissent le mieux à l’Iliade, que je leur présente en feuilleton.
“Aïe aïe aïe, il va se passer quoi, maintenant que Achille boude ?
– J’ai trop peur pour Hector, monsieur ! Et son petit garçon, et sa femme, il va se passer quoi ?
Pour autant, aucun n’a commencé à lire la version que je leur ai mise en ligne. Pas de flemme derrière ce refus.
“C’est mieux quand on découvre petit à petit et qu’on ne sait pas tout de suite ce qu’il va se passer.”
De l’autre côté du temps, je suis heureux que le récit millénaire leur apporte cette joie, ce frisson de l’anticipation, cette magie de toujours.