
Nous voici face à la semaine mammouth bulletins-conseils de classe-rencontres parents.
J’ai perdu le compte du nombre d’établissements que j’ai fréquentés, mais je n’ai encore jamais assisté à un conseil de classe dont je ressorte avec une autre impression qu’un soulagement mâtiné d’un léger sentiment de déprime. Même si cette instance est nécessaire, elle ne fait que cristalliser en mots maladroits la complexe réalité de la vie des mômes qui nous sont confiés.
Cristalliser, le mot est, toute vanité bue, bien choisie. Car ils le traitent avec tellement de révérence, le bulletin qui sortira de ce conseil, les mômes. La moyenne générale. Les félicitations. Le classement. Les grands discours que je serine depuis septembre sur le fait qu’une note n’est qu’une indication, le bulletin une photo à un moment précis, et que la personne la plus importante à satisfaire est eux-mêmes, mes propos sont accueillis au mieux avec une bienveillante indifférence, au pire avec des yeux discrètement levés au ciel.
Légère déprime, oui. Que les mécaniques délicates que nous mettons en place pour apprendre aux mômes se résume à cette feuille de papier aux formules forcément lacunaire m’enquiquine. Mais ça ne devrait pas. L’important, c’est que demain j’y retourne. Avec eux.