Vendredi 4 décembre

La fatigue du prof est boueuse.

Une espèce de machin poisseux collant, qui rend les heures de ce vendredi de semaine-mammouth tristes et froides. Comme ce cours avec les sixièmes Brindibou où, après avoir couru sous le grésil tombé ce midi, les mômes se mettent à grelotter, veulent retirer leurs chaussures mouillées, ou retourner jouer dans la cours. Mon cours rigolo et différencié sur la description d’un hobbit se fait gentiment renvoyer de l’autre côté de la Comté.

Ou encore ce moment durant lequel je lutte tellement pour me concentrer sur mes explications quant à la fin de l’Iliade que je ne remarque pas Maxine, qui éclate en sanglots incontrôlables parce qu’elle ne trouve plus sa clé USB et finira par se lever en criant à toute la classe que ce ne sont que de sales voleurs hypocrites et qu’elle les déteste tous (là j’ai remarqué. Et aussi la clé USB était dans sa trousse).

La fatigue qui me fait bafouiller lors de cette heure avec Lia et Tanith, qui ne parviennent pas à comprendre le français. J’en ai assez, assez de me dire que je vais passer deux heures par semaine à tenter de leur apprendre à lire et à écrire, parce que, du fait de leurs difficultés, elles n’arriveront jamais à davantage, c’est pas moi qui le dis, c’est leur dossier.

Quand elle quitte la salle, Tanith me tend, avec un grand sourire, un sapin de Noël qu’elle a dessiné “pour vous le monsieur”.

Elle a raison. Tenons jusque là. Et c’est pas grave, la boue. Ça finit par partir.

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