Samedi 5 décembre

Pendant le premier confinement, j’ai participé à un projet avec trois amis merveilleux et aussi beaucoup plus jeunes que moi, ce qui a son importance. Plus versés que moi dans la maîtrise de la communication non violente (ou au moins plus apaisée), ils m’ont fait ressortir de ces sessions de travail avec quelques outils de plus dans ma besace, outils que j’ai attendu d’avoir l’occasion d’exprimer.

J’ai très vite pu faire un premier essai, concernant la prise de parole. Mon groupe d’ami avait proposé un signe particulier lorsque l’on souhaite intervenir pendant que quelqu’un est en train de parler, de peur de voir ladite intervention ne plus être pertinente. Et combien de fois ai-je-vu des mômes se tortiller dans tous les sens en levant désespérément la main pendant qu’un de leur camarades ou leur prof était en train de terminer son laïus ?
Bien entendu, le danger était que tout le monde cherche à intervenir ;  à parler sur l’autre, à intervenir.

Et en fait non. Après deux mois à expérimenter, je me suis aperçu que ça fonctionne, à la notable exception d’une classe, totalement réfractaire. Les mômes ont compris l’intérêt de ce nouveau signe (lever la main et l’agiter de gauche à droite) : “C’est pour les choses vraiment vraiment importantes.” Dans les deux où cela a pris, ils ont fini par l’utiliser très occasionnellement. “En fait, faut qu’on réfléchisse pour voir si vraiment c’est important, et souvent on se rend compte que ça peut attendre, en fait.”

Je suis un prof de 38 ans, et m’extasie sans doute d’une façon de faire totalement évidente. Mais amener des mômes à réfléchir à leur prise de parole et à se dire que leurs idées ont toujours la possibilité d’être exprimées me rend heureux.

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