Samedi 2 janvier

Le 20 décembre sur Europe 1, Jean-Michel Blanquer expliquait qu’il souhaitait que 2020-2021 soit une “année normale” du point de vue de la scolarité des élèves. Et je dois avouer que cette annonce m’a fait froid dans le dos.

Pas seulement parce que lundi, les cours reprennent, et qu’il me paraît difficile de demander à chaque élève si leurs fêtes de fin d’année se sont passées dans le respect des gestes barrière, s’ils ont bien gardé leur masque pendant que tatie Josiane venait les voir, où s’ils ont évité de lécher des poteaux pour voir si leur langue reste collée.

Pas seulement parce qu’il semblerait qu’une nouvelle souche du SARS-Cov 2 mette particulièrement cher aux enfants en Grande-Bretagne actuellement, et que j’ai tellement hâte de voir comment divers journalistes expliqueront doctement que de toutes façons, les enfants ne peuvent pas être contaminés, la preuve, ma fille va très bien.

Pas seulement parce que cela prouve, si cette phrase était spontanée, une méconnaissance totale de la situation actuelle dans les établissements. Avec des personnels d’entretien, administratif et d’enseignement qui se débattent pour faire tourner des établissements correctement, avec des élèves qui prennent énormément sur eux pour continuer à apprendre et à se motiver.

Mais surtout parce que je me dis qu’il pourrait avoir raison. Que la normalité, ce pourrait être ça, désormais. Travailler en permanence dans une situation qu’on nous avait annoncée exceptionnelle. Temporaire. Entendre dans cette phrase un verdict : désormais, ce sera ça, l’enseignement. Des collégiens assignés à leurs places. Appliquant des protocoles plus ou moins correctement en fonction des moyens de chaque établissement. Le masque sur le visage, le gel sur les mains.

Alors de tout mon cœur, je souhaite que cette phrase n’ait été qu’une bravade de plus. Et pas une sentence.

Tout ceci n’a pas à être normal.

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