Jeudi 14 janvier

Deuxième heure de la journée avec les sixièmes Brindibou (j’ai quasiment tous les sixièmes par bloc de deux heures ce qui me semble assez étrange pour des mômes de onze ans mais passons). Nous venons de nous enquiller un cours sur l’accord du participe passé, ils ont sept heures de cours dans les pattes. Les premières minutes me laissent à penser que ça va être une heure où je vais m’énerver, eux aussi, on va finir en sanctions, et on rentrera tous dans le gris.

En désespoir de cause, je tente mon joker des heures désespérées : un exercice de relaxation. Mon côté shadok estimant que plus ça rate (99% du temps, ça finit par des gamins totalement morts de rire), plus ça a de chances de marcher, je lance l’activité.

Et ils se précipitent dedans. Les yeux se baissent ou se ferment, les respirations s’apaisent. Il y a quelques rires à peine, et puis un grand silence soulagé.

Je n’ai pas été meilleur que d’habitude : je leur ai juste offert ce dont ils avaient besoin, au bon moment. C’est rare, pour un prof de collège. Pendant quelques minutes, ils posent leur fatigue, leur énervement, leur angoisse. Et que ce fardeau doit être lourd, pour qu’ils acceptent mes maladroites consignes.

Mais au moins, ils repartent en souriant. Et, j’ai l’impression, un peu heureux aussi.

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